L'Union Locale sur le ouèbe


Désormais, pour suivre l'Union Locale CGT de Cherbourg, il faut se rendre sur :

mercredi 31 octobre 2018

17 NOVEMBRE : Entre exaspération et instrumentalisation

Depuis quelques jours, les réseaux sociaux comme les grands médias se font l’écho d’un appel à « bloquer » le pays pour condamner la hausse du prix des carburants.
Si la colère peut s’entendre car le prix des produits pétroliers devient exorbitant et intenable, il est nécessaire de regarder de près les contours de cette initiative.
Il faut examiner, aussi, avec attention les enjeux réels liés au pouvoir d’achat des Français, en lien avec les dispositifs et autres prélèvements assurant notre modèle social et la solidarité nationale.
L’appel lancé un samedi, sans réelle ambition de bloquer l’économie, s’appuie sur une colère légitime mais dont les ressorts sont obscurs et les solutions préconisées pour sortir de cet engrenage sur le long terme demeurent floues, voire dangereuses pour le monde du travail.
Plusieurs partis d’extrême droite semblent être à la manœuvre. Ils se font le relais d’une action qui, au final, encouragera à mettre taxes, impôts et peut-être demain cotisations sociales dans une même logique, alors que chaque dispositif joue un rôle différent et déterminant dans le cadre de notre modèle social et républicain.
Nous sommes clairement dans une instrumentalisation de l’exaspération !
Effectivement, depuis un an, les prix à la pompe ont grimpé de 23 % pour le diesel et de 14 % pour l’essence, dépassant dans les deux cas 1,50 euro le litre ; des taxes qui, à l’image de la TVA, sont les impôts les plus injustes, frappant, sans discernement, nos concitoyens comme les travailleurs de ce pays. Le patronat des sociétés de transport, pourtant exonéré de certaines taxes, joue un rôle sournois, espérant à terme de nouvelles concessions profitant aux lobbies routiers.
Il est évident que le gouvernement veut trouver une manne financière importante après plusieurs mois de cadeaux fiscaux aux plus fortunés, faisant suite à de nombreux allégements et autres aides au patronat qui ne donnent, par ailleurs, aucun résultat économique. Le gouvernement cherche donc plus à boucler son budget qu’à répondre à l’urgence de transition énergétique face aux enjeux environnementaux.
Le gouvernement met en difficulté des millions de Français qui, pendant des années, ont été encouragés à investir dans des véhicules diesel. Il semble plus guidé par la volonté de ponctionner que de préparer la transition écologique, il va empocher d’ailleurs plus de 23 milliards d’euros de taxes sur les énergies fossiles, alors qu’il va consacrer seulement 3 milliards d’investissement aux énergies renouvelables.
Nous le savons, les salariés, les retraités, les privés d’emploi aux revenus les plus faibles sont les premières victimes aujourd’hui des stratégies géopolitiques des pays riches, des spéculations sur les produits pétroliers. Et, il nous faut apporter des réponses précises – avec des financements adéquats – aux questions énergétiques et de transport mettant à contribution les entreprises, en créant un pôle public de l’énergie, notamment pour piloter les ressources et les matières premières en vue de répondre aux besoins humains et au respect de l’environnement.
Dans le même temps, il faut impérativement ouvrir partout des négociations salariales, gagner l’augmentation des pensions, des minimas sociaux, en se mobilisant massivement dans les entreprises et établissements et relever le smic à 1800 euros.
Des ambitions peut-être moins tapageuses mais plus à même de répondre durablement aux besoins des travailleurs !
Montreuil, le 29 octobre 2018

COMMUNIQUÉ de PRESSE du BUREAU CONFÉDÉRAL DE LA CGT : LE BRÉSIL S’ABANDONNE AU FASCISME

Bolsonaro devient président, des temps difficiles s’annoncent pour les travailleurs.
Le candidat d’extrême droite Jair Bolsonaro a été élu dimanche président du Brésil, avec 55,3% des voix.
Près de 150 millions de Brésilien-ne-s étaient appelés aux urnes à l’issue d’une campagne qui s’est déroulée dans un environnement des plus délétères, méconnu depuis la fin de la dictature des militaires.
Un tel résultat de scrutin, dans le pays le plus important de ce continent et dont les relations commerciales, culturelles et diplomatiques au plan international sont de premier ordre, aura des conséquences importantes en terme géopolitique, tant au niveau continental qu’international.
Ce scrutin au Brésil fait grossir la liste des pays où droite radicale et extrême droite profitent d’une forme de rejet des institutions et des politiques traditionnels, cela se multiplie dans le monde : États-Unis, Brésil, Italie, France, Hongrie, Suède, Allemagne, Autriche…
Dans un pays taraudé par des phénomènes de violences dramatiques, des difficultés économiques catastrophiques, une corruption récurrente et une crise de confiance dans la classe politique, le candidat d’extrême droite est parvenu, avec des discours conjuguant populisme, démagogie et xénophobie, à apparaître comme l’homme providentiel dont le Brésil aurait besoin.
Défenseur de la « famille traditionnelle » et d’une société patriarcale, il a reçu le soutien crucial des puissantes églises évangéliques, tout comme son projet de politique économique ultra-libéral a reçu le soutien des forces patronales et du monde de la finance.
Le bond des marchés financiers lors de ce scrutin démontre, s’il en est besoin, que le monde des affaires se satisfait d’un tel Président. Il promet de privatiser à grande échelle, de réduire les dépenses publiques, de transformer le système de retraite, d’assouplir le « marché » du travail… rien de bon pour le monde du travail !
L’état de corruption qui mine le pays et le manque de perspectives économiques anéanties par les politiques récentes ont joué aussi un rôle majeur dans ce résultat.
Les Brésilien-ne-s ont donc été sensibles au discours démagogique, de moralisation de la vie politique et ultra sécuritaire de Bolsonaro.
Le niveau de la corruption politique et les récentes condamnations d’anciens présidents, relevant souvent de conspirations, font que l’on peut parler aussi de désintégration de l’État.
Son agenda est clairement libéral, ses positions radicales, ses prises de positions en faveur de la libéralisation des armes semblent avoir trouvé un écho dans une société conservatrice et profondément inégalitaire. L’ordre fort a séduit également un public modeste épuisé par la précarité et la violence récurrente qu’il subit.
Néanmoins, les classes urbaines aisées demeurent le socle de son électorat, sous influence des évangélistes, des forces de l’argent, qui plébiscitent un projet économique ultralibéral.
Certains affirment que : « Cette élection est un cirque au milieu du carnaval tragique qui se joue en Amérique latine avec le retour en force des gouvernements réactionnaires. » Une politique dont rêvait la droite brésilienne pour briser les acquis sociaux, avec en complément et non des moindres, une attaque en règle contre la démocratie.
Bolsonaro est un grand adepte de discours haineux à l’égard des militants de gauche, des syndicalistes, des noirs, des homosexuels, des femmes… Autant de repères idéologiques du fascisme qui font craindre des moments difficiles pour tous les progressistes de ce pays.
La CGT exprime toute sa solidarité aux travailleurs-euses, aux syndicalistes et aux forces de progrès du Brésil et à tous ceux, porteurs d’une société fraternelle, plus juste et émancipatrice. Ils vont devoir résister et combattre dans ce contexte politique et social particulièrement inquiétant.
Montreuil, le 29 octobre 2018

ASSURANCE CHÔMAGE : Inventons de nouveaux droits et controns les économies sur le dos des chômeurs

Ce mercredi 24 octobre, s’est tenue une réunion du « groupe paritaire politique », prélude à la négociation : les organisations syndicales et patronales négociant la convention d’assurance chômage ont fixé un calendrier. Huit réunions auront lieu entre le 9 novembre et le 15 janvier. Il s’agit d’une négociation imposée par le gouvernement qui entend obtenir 3,9 milliards d’euros d’économies sur le dos des chômeurs en trois ans.
La CGT s’oppose à ces baisses de droits. Le patronat (Medef, CPME et U2P) entend, au contraire, appliquer les économies aux seuls chômeurs. Il a annoncé vouloir s’attaquer aux droits des travailleurs précaires (comme le veut la lettre de cadrage du gouvernement) ainsi qu’au régime des intermittents du spectacle. Sont ainsi dans le collimateur les travailleurs qui alternent des périodes de chômage plus ou moins indemnisées. Les chiffres du chômage montrent l’augmentation constante de cette précarité.
Le patronat refuse d’envisager toute contribution des employeurs, en particulier la sur-cotisation sur les contrats précaires, les contrats courts, moins encore sur les autres CDD ou les CDI à temps partiels subis.
La CGT n’acceptera pas les baisses de droits et appelle l’ensemble des organisations syndicales à les refuser. La CGT propose de construire de nouveaux droits pour les jeunes, les seniors, l’égalité femmes/hommes et parvenir à un revenu de remplacement pour toutes celles et tous ceux qui en sont privés.
Les mobilisations seront nécessaires, en particulier la manifestation contre le chômage et la précarité le 1er décembre prochain !
Montreuil, le 25 octobre 2018

CHIFFRES DU CHÔMAGE : Il est temps d’éradiquer la précarité !

Les chiffres du chômage du 3ème trimestre 2018 sont en hausse significative :
• la catégorie A est en augmentation de 0.5% sur 3 mois pour atteindre 3 456 800 personnes privées d’emploi (+ 17 000 personnes) ;
• les catégories B et C qui représentent les catégories de travailleurs précaires sont en hausse de 0.2%, si la catégorie C (personnes ayant travaillé plus de 78 heures dans le mois) est en légère baisse (-0.8%, ce qui représente 10 800 demandeurs d’emploi de moins) c’est parce que nous assistons à un transfert sur la catégorie B (personnes ayant travaillé moins de 78 heures par mois), laquelle augmente de 2.1%, soit +16 100 demandeurs d’emploi dans la catégorie des contrats très courts.
Nous pouvons constater, par ailleurs, une hausse permanente des chômeurs âgés de plus de 50 ans : leur nombre atteint 1 428 100, soit une augmentation de 0.7% sur 3 mois et de 3.1 % sur 1 an. Pour mémoire, ils étaient moitié moins en octobre 2013, soit 721 700.
La négociation sur l’assurance chômage s’ouvre dans ce contexte. Les travailleurs précaires sont donc de plus en plus nombreux.
La précarité prend de multiples visages à mesure que les gouvernements successifs autorisent le patronat à en abuser sous toutes les formes : intérim, CDD, CDI à temps partiels subis (notamment par beaucoup de femmes), statuts non-salariés imposés, etc.
Le gouvernement et le patronat veulent disposer d’une armée de travailleurs précaires, comme en Allemagne avec ses mini-jobs ou son Smic plus bas qu’en France ; comme au Royaume-Uni avec ses contrats « zéro heure ».
Les chiffres du chômage montrent pourtant, trimestre après trimestre, l’échec de cette politique d’austérité, de précarisation et de destruction des droits sociaux !
Pour lutter contre cette addiction, la CGT propose une sur-cotisation pour tous les contrats précaires et des nouvelles recettes.
Aussi, il n’y aurait pas de déficit de l’assurance chômage depuis des années si l’égalité professionnelle et salariale entre les femmes et les hommes était respectée.
Nous appelons l’ensemble des femmes et hommes vivant de leur travail ou qui en sont privés à la vigilance pour contrer cette politique et empêcher le patronat de faire le sale boulot du gouvernement, en baissant nos droits à toutes et tous.
Montreuil, le 25 octobre 2018

LIBERTÉ DE MANIFESTER : Une proposition de loi liberticide !

La CGT a été sollicitée sur une proposition de loi rédigée par le groupe Les Républicains qui vise à durcir le régime juridique des manifestations, en instaurant des mesures préventives et répressives attentatoires à la liberté de manifester.
Convoquée pour un « petit déjeuner » le jour même du passage de la proposition de loi au Sénat, la CGT pressent bien que cette consultation est déterminante pour le groupe LR qui n’hésite pas à lui soumettre un texte totalement finalisé !
Fichage des manifestants, fouille généralisée par des agents de sécurité privée, interdictions de manifester sous peine d’un an d’emprisonnement, le simple fait de se protéger avec un foulard des gaz lacrymogènes devient un délit pénal, absence totale de contrôle de l’autorité judiciaire de ces mesures… l’attaque est tellement virulente et attentatoire à la liberté de manifester, voire simplement d’aller et venir, que l’on se demande si tout cela est bien sérieux !
Après l’imposition d’un état d’urgence qui n’en finit pas puis d’une « loi antiterroriste » qui a permis d’assigner à résidence de simples militants, le groupe LR pond un nouveau texte dangereux et parfaitement inutile, au prétexte de lutter contre les violences commises lors de certaines manifestations. Il existe déjà, en effet, des dispositions législatives permettant les fouilles et contrôles aux abords des manifestations.
Ce n’est pas un hasard si cette proposition de loi arrive au moment de la rentrée sociale et du succès de la mobilisation du 9 octobre dernier. La CGT utilisera tous les moyens pour y faire obstacle, si le législateur entend la valider.
Ce n’est de toute façon pas une mesure répressive de plus qui empêchera les citoyens de faire valoir leurs revendications dans la rue !
Nous rappelons aux parlementaires que la liberté de manifester est une composante essentielle de la démocratie, il leur appartient de la protéger.
Montreuil, le 24 octobre 2018

AVENIR DE L’AFPA : À l’heure de choix politiques majeurs pour des enjeux économiques cruciaux

Demain 18 octobre 2018, la direction générale de l’AFPA et le président de son Conseil d’Administration présentent en même temps, l’une au Comité Central d’Entreprise, l’autre au Conseil d’Administration, « un projet de réorganisation de l’AFPA ».
Cette réunion « zéro » préfigure la mise en place d’un plan de sauvegarde de l’emploi (PSE) qui devrait supprimer des emplois par centaines, avec des fermetures de centres, instaurant une politique de mobilité généralisée tant géographique que professionnelle pour les salariés qui resteront, suite à une réorientation d’une partie de l’activité historique de formation professionnelle vers de l’accompagnement.
Ce qui a prévalu jusqu’à présent était principalement d’ordre économique et financier. Ainsi, l’approche de la direction générale, du président et des tutelles qui font pression est de réduire drastiquement ce qui est considéré comme des charges, au premier rang desquelles la masse salariale.
Par contre, peu d’ambition pour relever le niveau d’activité dans la formation professionnelle des demandeurs d’emplois qui s’effondre, avec des pertes très conséquentes de parts de marché avec les conseils régionaux.
Pour la CGT, l’urgence véritable est de répondre à la question politique : quelle AFPA veut-on et pour quoi faire ?
Car le pays se trouve confronté à des enjeux économiques cruciaux à la croisée entre :
• la réindustrialisation, la production en proximité (circuits courts, etc.) ;
• le développement durable ;
• un aménagement du territoire garant d’un développement équilibré face à la métropolisation ;
• les transitions écologiques, énergétiques, numériques ;
• la transformation du travail et des métiers ;
• le défi climatique ;
• les métiers rares et émergents.
Répondre à ces défis nécessite des choix politiques d’envergure.
Pour la CGT, il va falloir investir lourdement et durablement dans la formation professionnelle qualifiante pour réussir à les relever. Les pouvoirs publics disposent au sein du service public de l’emploi (SPE) d’un bras armé qui a fait la démonstration de son efficacité sociale depuis plus de 70 ans. Ce n’est pas en procédant à une sévère amputation de ses moyens opérationnels que l’AFPA pourra assumer ses missions de service public telles qu’elles sont (im)posées par la loi.
Tout au contraire, la CGT propose 4 axes pour reconstruire une AFPA capable de former citoyens et travailleurs dans de bonnes conditions :
1. répondre à l’exigence de « à chacun selon ses besoins » et sortir du principe libéral du « à chacun selon ses droits acquis ». Le compte personnel de formation (CPF) tel que construit actuellement est un piège encore plus cruel pour les plus éloignés de l’emploi ;
2. dans cet esprit, l’AFPA doit avoir les moyens d’identifier et de répondre aux problématiques et spécificités de chaque personne accueillie.
3. valoriser le « chemin parcouru » par chaque personne formée entre sa situation de départ et celle atteinte à l’issue du parcours de formation. Par la qualité du service rendu à ses usagers, garantie par du personnel pérenne et qualifié, l’AFPA pourra rendre compte de son utilité sociale et de son efficacité ;
4. sortir des appels d’offres régionaux. D’autres modalités de contractualisation sont possibles et devraient être mise en œuvre par les régions.
Pour la CGT, l’AFPA est un Organisme Public qui doit permettre de répondre aux enjeux économiques cruciaux par la formation professionnelle qualifiante de qualité. Mais, cela nécessite des choix, des décisions et des engagements politiques de long terme qui dépassent très largement les décisions économiques de court terme prise par ses dirigeants.
La CGT refuse toute décision de la direction consistant à licencier des salariés et à liquider des centres de formation.
Elle appelle les salariés et les usagers à se mobiliser partout pour la défense des centres AFPA et l’accès à une formation qualifiante de toutes et tous.
Montreuil, le 17 octobre 2018

Lutter contre le réchauffement climatique implique une rupture avec le système capitaliste

Le Groupe d’Experts Intergouvernemental sur l’Évolution du Climat (GIEC) a publié son nouveau rapport sur les conséquences irréversibles pour l’humanité et la biodiversité du réchauffement climatique s’il n’était pas contenu en deçà de 1,5°C.
Pour tenir cet objectif, les trajectoires d’émissions devront baisser de 45% en 2030 et atteindre la neutralité carbone autour de 2050.
Les scénarios envisagés ne sont pas simples. Les quatre examinés font varier les hypothèses de demande énergétique, d’efficacité énergétique, d’utilisation de techniques comme le captage et stockage de Co2...
Ce qui conduirait à de fortes transformations par secteurs :
• concernant l’énergie, tous les scénarios impliquent une forte baisse du charbon (de -73 à -97% d’ici 2050 dans la part de production d’énergie primaire), de pétrole (de -32 à -87%). Pour le gaz, seul un scénario prévoit une hausse, les autres tablant sur une forte baisse (de -48 à -74%). Le nucléaire dans la production d’énergie primaire passe de +98 à 468%.
• concernant l’électricité, la part des énergies renouvelables varie de 63 à 81% en fonction des scénarios.
• Industrie : les émissions de CO2 devraient être réduites de 75 à 90% en 2050.
• Villes et Infrastructures : un changement des pratiques dans l’aménagement des territoires ; pour les bâtiments, la part d’électricité dans la demande devrait diminuer de 55 à 75% en 2050 ; pour les transports, la part de l’énergie finale basses émissions devrait passer de 5% en 2020 à 35 à 65% en 2050.
• Utilisation des Terres : convertir des terres dédiées au pâturage et aux cultures vivrières vers des cultures énergétiques ainsi qu’augmenter la surface des forêts de 10 millions de km2 d’ici à 2050.
Or, le 9 octobre, le Conseil Environnement de l’UE des 28 États a échoué à relever l’ambition climat de l’Europe (réduire de 45% et non plus de 40% les émissions de gaz à effet de serre à horizon 2030).
Il s’agit d’un mauvais signal lancé par les décideurs politiques pour celles et ceux qui attendent des actions concrètes pour contenir le réchauffement climatique. Par contre, cet échec du Conseil Environnement répond pleinement aux attentes de Pierre Gattaz, nouvellement à la tête de Business Europe (le Medef européen), qui s’est opposé à relever l’ambition climat de l’Europe, argumentant que la compétitivité des entreprises allait être pénalisée (cette fameuse compétitivité des entreprises qui ne sert qu’à engranger des dividendes !). Et là est finalement le problème !
Comment envisager une modification profonde de notre société qui réduirait son empreinte carbone, ses émissions de gaz à effet de serre, protégerait la biodiversité, lorsqu’il n’est jamais évoqué de rompre avec le type de développement qui a généré ces conséquences ?
Tant que le profit primera sur la réponse aux besoins, que les intérêts privés primeront sur l’intérêt commun des populations, le libre-échange et la concurrence sur la coopération internationale, tant que les décideurs politiques seront à la solde du grand capital, ne nous racontons pas d’histoires verdissantes !
Le rapport du GIEC conforte les analyses de la CGT sur la nécessité de prendre sans délai les mesures qui permettront de rendre la planète vivable pour tous.
Concernant notre pays, cela signifie mettre en place un autre mode de développement avec une réindustrialisation pour rapprocher la production des besoins, favoriser une économie plus circulaire avec une véritable valorisation de la matière.
Une meilleure efficacité énergétique, cela concerne l’isolation des bâtiments en tenant les objectifs et la qualité mais, aussi, la question des transports, alors qu’aujourd’hui les émissions de GES de la France sont reparties à la hausse. Cela conforte la bataille des cheminots autour du fret ferroviaire, du développement des lignes ferroviaires et des transports collectifs du quotidien.
Sur la production d’énergie, le rapport du GIEC confirme, dans tous ses scénarios, la nécessité d’utiliser l’énergie nucléaire avec les énergies renouvelables pour passer le cap. La France qui possède des compétences en la matière a donc une responsabilité particulière. D’ailleurs, les énergéticiens mènent bataille pour donner un avenir à une filière nucléaire de haut niveau.
Dans tous ces domaines, la recherche et les investissements sont la pierre angulaire de bien des problèmes, alors que notre pays est à la traîne en la matière.
Plus que jamais, les enjeux climatiques impliquent des décisions énergiques et démocratiques de notre pays et donc encore plus de maîtrise publique et d’appropriation sociale. La transition juste et solidaire doit se traduire en actes, pas en paroles !
C’est le chemin inverse que trace le gouvernement, comme dernièrement dans la loi Pacte.
Montreuil, le 11 octobre 2018

lundi 15 octobre 2018

MOBILISATION UNITAIRE DES RETRAITES JEUDI 18 OCTOBRE


MULTILATÉRALE HAUT-COMMISSARIAT AUX RETRAITES DU 10 OCTOBRE 2018 : Quand c’est flou… c’est qu’il y a un loup !

Le haut-commissaire aux retraites a réuni les organisations syndicales de salariés et d’employeurs le 10 octobre pour un bilan de la 1ère phase de concertation sur la réforme systémique des retraites.
Face aux risques que comporte une réforme aussi radicale, en particulier, pour les salariés les plus fragiles (carrières hachées, CDD, temps incomplet de nombreuses femmes salariées, etc.), le gouvernement allonge les délais et recule la présentation du projet de loi à juin 2019, après les échéances électorales.
Il a présenté un cadre qui reste très flou destiné avant tout à rassurer. La majorité des citoyens n’est, en effet, pas dupe des risques de baisse des pensions pour toutes et tous.
Les mécanismes de redistribution et de solidarité sont tous remis en cause, ce qui vise en premier lieu les salariés du secteur privé. Il y a tout lieu de craindre que les nouveaux mécanismes de solidarité que le haut-commissariat envisage de reconstruire soient plus restreints, plus ciblés, plus individualisés, avec des économies réalisées sur le dos des plus fragilisés.
Cette perspective de régime unique conduirait à la disparition des régimes des fonctionnaires et des régimes spéciaux et, en conséquence, à la remise en cause des statuts d’agents publics et de fonctionnaires. De même, les retraites complémentaires disparaîtraient.
Aucune perspective de gouvernance démocratique du système de retraite n’a été évoquée par le haut-commissariat.
En affichant le maintien du niveau de cotisation (28 %) et de l’âge d’ouverture du droit à retraite (62 ans), le gouvernement veut faire croire que le nouveau système maintiendra le niveau de pension et l’âge de départ, avec un supplément de transparence.
Il n’en est rien.
Si par exemple on applique les règles de la retraite complémentaire actuelle en points (Arrco-Agirc) à la totalité du salaire, une pension de 1600 euros passerait à 1000 euros. Le gouvernement doit sortir du flou.
Le système en point ne permet d’évaluer la pension qu’à la veille de la retraite. Il prend en compte la totalité de la carrière et pas les meilleures années (privé) ou la fin de carrière (public). La solidarité ne consistera qu’en points supplémentaires dont rien ne garantit qu’ils seront au niveau du salaire antérieur (maladie chômage, maternité, etc.).
Pour la CGT, les priorités sont : quel montant de pension et à quel âge ? Points sur lesquels le projet ne dit rien et n’apporte aucune garantie.
La CGT réaffirme son opposition à ce projet et portera des propositions pour améliorer les droits de toutes et tous.
Montreuil, le 10 octobre 2018

LA MOBILISATION DEMEURE : C’est la politique qu’il faut changer !

Ce 9 octobre a été une belle preuve que les salariés, jeunes, demandeurs d’emplois et retraités ne veulent pas de cette politique creusant les inégalités, prenant aux pauvres pour donner aux riches.
Près de 300 000 manifestants ont battu le pavé. Au-delà de ce chiffre, de nombreuses actions ont été recensées sur le territoire sous formes diverses : grèves et débrayages, pique-niques revendicatifs, distributions de tracts, tenues d’assemblée générale, blocage de zones d’activité, etc.
Ces mobilisations ont permis d’inscrire dans un mouvement national, l’expression de revendications locales ou spécifiques de certaines professions.
Toutes et tous se sont retrouvés pour exiger l’augmentation des salaires, des pensions et des minimas sociaux ; l’égalité professionnelle entre les femmes et les hommes et l’arrêt de la casse des services publics.
Au cœur des préoccupations également : la sécurité sociale, la santé, la retraite, l’éducation et la formation… Sur tous ces sujets, d’autres choix sont possibles et la CGT est porteuse de propositions pour conquérir de nouveaux droits.
La dynamique unitaire qui s’est construite doit se renforcer et la CGT y contribuera.
L’objectif de cette journée est de démontrer que la contestation sociale est toujours présente et que des alternatives sociales sont possibles. Le gouvernement et le Medef doivent entendre et répondre à ces attentes qui s’expriment dans tous les secteurs pour le progrès social.
C’est la défense et le développement de notre modèle social qui sont en jeu. La solidarité doit en être le socle et non l’épaisseur du portefeuille.
Montreuil, le 9 octobre 2018

mardi 9 octobre 2018

Le « pouvoir d’achat » se redresse ; mais pour qui ?

L’Insee a présenté à la presse, ce 4 octobre, un point de conjoncture qui actualise son diagnostic et ses prévisions pour le second semestre 2018.
L’institut révise à la baisse la prévision de croissance pour l’ensemble de l’année : 1,6%, inférieur aux objectifs gouvernementaux et nettement en retrait du résultat de 2017 (2,3%).
La France est à la traîne en Europe et, plus encore, dans le monde. L’économie française ne créerait que 129 000 emplois cette année (342 000 en 2017). Conséquence : le chômage ne diminue plus (- 0,1% par trimestre) et devrait atteindre un taux de 8,9% en fin d’année selon la définition officielle.
Cette situation et ces perspectives médiocres ne s’expliquent pas par le contexte économique international : celui-ci est certes incertain mais reste plutôt porteur. Ce contexte favorable pourrait permettre au commerce extérieur de la France de s’améliorer… il n’en est rien.
Alors qu’est-ce qui ne va pas ? C’est la structure de la consommation des ménages – par exemple, l’investissement dans la pierre – qui tire la croissance vers le bas alors même que le pouvoir d’achat moyen est censé se redresser en fin d’année.
Le problème est que cette amélioration annoncée bénéficie exclusivement aux ménages les plus aisés, les premiers de cordée, ceux qui profitent le plus des mesures fiscales. Ces avantages se retrouvent dans l’épargne et la financiarisation et non dans la consommation.
En revanche, les salariés et surtout les retraités voient les prix et les taxes augmenter alors que leurs revenus stagnent ou baissent. Il en résulte une quasi-stagnation de la consommation courante qui avait soutenu l’activité économique nationale au cours des années précédentes.
Les incertitudes s’accumulent pour les mois et années à venir, en France, en Europe et dans le monde de la « planète finance ».
Une chose est sûre : ce n’est pas en pressurant les salariés, les retraités et les chômeurs que l’on retrouvera les chemins d’une croissance dynamique et créatrice d’emplois de qualité !
C’est d’une tout autre politique économique et sociale dont nous avons besoin, l’urgence est d’augmenter les salaires, les pensions, les minimas sociaux et d’indemniser l’ensemble des chômeurs y compris primo-demandeurs.
L’urgence est de donner aux services publics les moyens de bien fonctionner et non de les ponctionner. C’est pour ces raisons que la CGT appelle à la mobilisation le 9 octobre prochain, pour gagner le progrès social !
Montreuil, le 5 octobre 2018

ASSURANCE CHÔMAGE : La CGT refuse de négocier la régression sociale !

Le président et son gouvernement inscrivent la refonte de l’assurance chômage dans la poursuite de la casse du code du Travail. Plutôt que de se questionner sur les dégâts répétés de l’austérité, ils ont donné l’ordre de chercher de nouvelles économies.
Le projet de loi « liberté de choix de son avenir professionnel » devait terminer son parcours parlementaire en août mais le président et le gouvernement ont annoncé plusieurs amendements pour prévoir une nouvelle négociation assurance chômage à l’automne.
Les plans du gouvernement
La Convention Unedic négociée en 2017 et entrée en vigueur en novembre fait déjà 900 millions d’économies annuelles et doit durer jusqu’en 2020. La CGT a refusé de la signer.
Aujourd’hui, le gouvernement à la fois veut avancer d’un an (à juin 2019) la définition de nouvelles règles pour faire des économies de l’ordre de 4 milliards d’euros et a prévu un encadrement financier préalable, contraire à l’autonomie de la négociation que nous revendiquons.
Quels sont les dangers pour les droits des allocataires à l’assurance chômage ?
La lettre de cadrage du Premier Ministre envoyée le 25 septembre aux partenaires sociaux annonce la nécessité de baisser les droits de 3,9 milliards d’euros sur 3 ans ! En additionnant les 500 ou 600 millions d’euros de droits récemment introduits par la loi pour les démissionnaires et les quelques indépendants, c’est une baisse de 4 milliards d’euros qui pourrait être imposée, soit en moyenne de 4 % à 12 % des allocations !
Sans surprise, le grand patronat est épargné : pas de « bonus-malus » mais un appel vague à la « responsabilisation des entreprises » et pas d’augmentation globale des cotisations patronales. En revanche, les chômeurs indemnisés (42,8 %) sont visés et, tout particulièrement, les travailleurs précaires.
Le gouvernement reparle de dégressivité des allocations – et pas seulement pour les cadres – et aussi de sanctions accrues pour obliger les salariés à accepter des emplois dégradés.
Que propose la CGT ?
Pour la CGT, il est indispensable de renforcer la solidarité – à l’heure où seulement 43% des chômeurs sont indemnisés – et de lutter contre la précarité pour l’éradiquer !
La CGT propose un droit au travail, un revenu de remplacement pour toutes celles et tous ceux qui en sont privés ! Cela passe par l’égalité salariale femmes-hommes, par la prise en compte de la situation des primo-arrivants, notamment les jeunes sortant des études, par des mesures pour les séniors et pour les chômeurs de longue durée.
Nos propositions peuvent être financées par la remise à plat des exemptions et exonérations qui assèchent le financement de la toute la protection sociale (sécurité sociale, retraites complémentaires comme assurance chômage). Nous revendiquons le déplafonnement des cotisations sur les plus hauts salaires (au-delà de 13 000 euros mensuels).
Pour lutter contre la précarité sous toutes ses formes, nous développons nos propositions de sur-cotisations sur les contrats en CDD et sur les CDI à temps partiels imposés.
Devons-nous aller négocier ?
Il n’est évidemment pas question pour la CGT de négocier à la baisse les droits des chômeurs. Nous refusons le principe et le contenu de la lettre de cadrage et nous avons l’intention de négocier sur la base de nos propositions.
Nous proposons donc de commencer la négociation en annonçant que nous refusons de nous inscrire dans la lettre de cadrage du gouvernement et que nous rechercherons l’unité syndicale pour aller dans ce sens.
Montreuil, le 3 octobre 2018

CICE : AIDES PUBLIQUES AUX ENTREPRISES - Évaluer et contrôler les dispositifs : une urgence absolue !

Mis en place en 2013, le Crédit d’Impôt pour la Compétitivité et l’Emploi (CICE) cessera d’exister en 2019. Il aura alors coûté à la collectivité près de 100 milliards d’euros et, ce, pour un bilan des plus faméliques. Sa suppression pure et simple aurait dû être décidée, pas sa « pérennisation » sous forme de nouvelles exonérations de cotisations sociales ! D’autant que la majorité des entreprises a assimilé le CICE comme une « cagnotte », une aubaine financière.
Le rapport 2018 du Comité de suivi du CICE (instance à laquelle la CGT participe activement) situe aux alentours de 100 000 le nombre d’emplois que le dispositif aurait permis de créer ou de sauvegarder. C’est un résultat en « trompe l’œil » qu’il faut mettre en rapport avec le coût du CICE qui est à ce jour de 59,2 milliards d’euros.
Nouveauté du rapport 2018 : le CICE aurait eu un effet positif sur les salaires dans certaines entreprises… Faut-il se réjouir de ce résultat ? Non car il signifie, en réalité, des hausses salariales financées exclusivement par l’impôt c’est-à-dire par la collectivité, par les salariés eux-mêmes… De plus, il renvoie à un modèle de croissance des entreprises dans lequel celles-ci n’investissent pas.
La CGT se félicite des travaux menés depuis 2013 par le Comité de suivi du CICE et du fonctionnement de cette instance au sein de « France Stratégie ». Elle regrette, néanmoins, que les comités régionaux de suivi du CICE (prévus par la loi) n’aient jamais vu le jour. Ces comités étaient censés recueillir les rapports des Comités d’Entreprise ou des Délégué-e-s du Personnel attestant d’une utilisation conforme ou non conforme ; cela aurait été une source précieuse d’informations dont nous avons été privés.
La CGT revendique la mise en place pérenne de structures de suivi et d’évaluation des aides publiques versées aux entreprises. Des prérogatives nouvelles doivent être reconnues aux organisations syndicales, au niveau national, régional, dans les entreprises. Elles sont des actrices incontournables, des expertes en matière d’évaluation des aides publiques, de leur suivi et de leur contrôle, tant au plan national, régional, local qu’au niveau d’une entreprise ou d’un groupe.
Montreuil, le 3 octobre 2018

L’indépendance de la Sécurité sociale menacée. Une absence de moyens pour répondre aux besoins des assurés sociaux

Le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) dont les axes ont été présentés hier matin devant la Commission des comptes de la Sécurité sociale reprend, pour l’essentiel, des annonces qui avaient déjà été faites ces derniers jours, notamment lors de la présentation du budget des finances publiques la veille ou lors de la présentation par le Président Macron du Plan santé.
Il met en évidence la mainmise de l’État sur la sécurité sociale, grande conquête sociale arrachée par la lutte des travailleurs pour permettre à tous les citoyens de faire face aux aléas de la vie.
Si l’heure n’était pas si grave, on pourrait se réjouir du retour à l’équilibre des comptes de la sécu – la fin du fameux « trou » de la sécu déficitaire depuis 18 ans – sauf que cela se traduit par le renoncement aux soins par 38% des patients, 64% chez les plus modestes.
Un déficit organisé par le racket exercé sur les cotisations sociales qui ne cesse de se poursuivre depuis des années.
La facture sera lourde pour les retraités, les familles, les malades mais aussi les personnels de la santé et de la sécurité sociale. Est-il besoin de rappeler qu’il manque 100 000 salariés dans les hôpitaux et 200 000 pour les EHPAD et l’aide à domicile.
Les entreprises vont bénéficier d’un gain de trésorerie de 20 milliards d’euros dès 2019 par la suppression totale des cotisations pour les salaires au Smic. Viendrons s’y additionner 26 milliards d’euros de CICE au titre de 2018 et 26 milliards d’euros par la transformation du CICE en abattement de cotisations dès le 1er janvier 2019.
Le Président Macron ne cesse de proclamer qu’il va redonner du pouvoir d’achat aux Français en supprimant les cotisations sociales : un semblant de pouvoir d’achat qui obligera chacun à se tourner davantage vers les mutuelles, les complémentaires et les assurances privées.
La fin des cotisations sociales, c’est la légalisation du travail au noir.
L’annonce de l’organisation d’une « solidarité financière » Etat - Sécurité sociale est extrêmement préoccupante. Le gouvernement entend ainsi utiliser les excédents de la sécu pour diminuer le déficit de l’État sur le dos des assurés.
Concrètement, cela se traduit par la confirmation de la non-compensation, comme annoncé, de l’exonération des cotisations sociales sur les heures supplémentaires et de la suppression du forfait social sur l’épargne salariale pour les entreprises de moins de 250 salariés (cette dernière mesure coûtant 1 milliard d’euros à la Caisse nationale d’Assurance Vieillesse).
S’agissant de l’assurance-maladie, la légère augmentation de l’Objectif National des Dépenses d’Assurance Maladie (ONDAM) de 2,3% à 2,5% est bien en dessous des 4,5% qu’il faudrait pour maintenir l’existant donc très loin des moyens qui nécessaires pour répondre aux besoins des populations.
Quant aux autres annonces, elles ne répondent pas non plus aux besoins : le reste à charge 0 (rebaptisé 100% santé) sera, en réalité, supporté par les assurés, à travers la hausse des cotisations des complémentaires. Et, la transformation de la complémentaire santé en CMUC dite « contributive » se traduira pour ses bénéficiaires par une cotisation de l’ordre de 300 euros par an (moins d’un euro par jour selon la ministre Agnès Buzyn !). De plus, ces « mesurettes » ne compenseront qu’à hauteur de 4,5 milliards d’euros le reste à charge alors que celui-ci est de 16 milliards d’euros dans sa globalité.
La confirmation de la sous-indexation des pensions de retraite constitue une véritable rupture du contrat social avec les retraités, alors qu’ils subissent déjà une non-revalorisation de leurs pensions depuis plusieurs années et alors même que la loi prévoit leur indexation sur l’inflation ! Si cette mesure était prolongée, leur pouvoir d’achat se réduirait comme une peau de chagrin.
Enfin, la confirmation des excédents de la branche ATMP doit, pour la CGT, être investie dans la prévention et non dans des baisses de cotisations.
La CGT réaffirme qu’elle ne laissera pas détruire le modèle français de sécurité sociale qui est plus que jamais menacé et pour lequel elle porte des propositions ambitieuses. La santé ne peut être traitée comme une donnée comptable ! Elle mérite un peu de hauteur de vue et donc un réel investissement pour faire face aux besoins et aux exigences des personnels et des usagers.
Montreuil, le 27 septembre 2018