L'Union Locale sur le ouèbe


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mercredi 31 octobre 2018

AVENIR DE L’AFPA : À l’heure de choix politiques majeurs pour des enjeux économiques cruciaux

Demain 18 octobre 2018, la direction générale de l’AFPA et le président de son Conseil d’Administration présentent en même temps, l’une au Comité Central d’Entreprise, l’autre au Conseil d’Administration, « un projet de réorganisation de l’AFPA ».
Cette réunion « zéro » préfigure la mise en place d’un plan de sauvegarde de l’emploi (PSE) qui devrait supprimer des emplois par centaines, avec des fermetures de centres, instaurant une politique de mobilité généralisée tant géographique que professionnelle pour les salariés qui resteront, suite à une réorientation d’une partie de l’activité historique de formation professionnelle vers de l’accompagnement.
Ce qui a prévalu jusqu’à présent était principalement d’ordre économique et financier. Ainsi, l’approche de la direction générale, du président et des tutelles qui font pression est de réduire drastiquement ce qui est considéré comme des charges, au premier rang desquelles la masse salariale.
Par contre, peu d’ambition pour relever le niveau d’activité dans la formation professionnelle des demandeurs d’emplois qui s’effondre, avec des pertes très conséquentes de parts de marché avec les conseils régionaux.
Pour la CGT, l’urgence véritable est de répondre à la question politique : quelle AFPA veut-on et pour quoi faire ?
Car le pays se trouve confronté à des enjeux économiques cruciaux à la croisée entre :
• la réindustrialisation, la production en proximité (circuits courts, etc.) ;
• le développement durable ;
• un aménagement du territoire garant d’un développement équilibré face à la métropolisation ;
• les transitions écologiques, énergétiques, numériques ;
• la transformation du travail et des métiers ;
• le défi climatique ;
• les métiers rares et émergents.
Répondre à ces défis nécessite des choix politiques d’envergure.
Pour la CGT, il va falloir investir lourdement et durablement dans la formation professionnelle qualifiante pour réussir à les relever. Les pouvoirs publics disposent au sein du service public de l’emploi (SPE) d’un bras armé qui a fait la démonstration de son efficacité sociale depuis plus de 70 ans. Ce n’est pas en procédant à une sévère amputation de ses moyens opérationnels que l’AFPA pourra assumer ses missions de service public telles qu’elles sont (im)posées par la loi.
Tout au contraire, la CGT propose 4 axes pour reconstruire une AFPA capable de former citoyens et travailleurs dans de bonnes conditions :
1. répondre à l’exigence de « à chacun selon ses besoins » et sortir du principe libéral du « à chacun selon ses droits acquis ». Le compte personnel de formation (CPF) tel que construit actuellement est un piège encore plus cruel pour les plus éloignés de l’emploi ;
2. dans cet esprit, l’AFPA doit avoir les moyens d’identifier et de répondre aux problématiques et spécificités de chaque personne accueillie.
3. valoriser le « chemin parcouru » par chaque personne formée entre sa situation de départ et celle atteinte à l’issue du parcours de formation. Par la qualité du service rendu à ses usagers, garantie par du personnel pérenne et qualifié, l’AFPA pourra rendre compte de son utilité sociale et de son efficacité ;
4. sortir des appels d’offres régionaux. D’autres modalités de contractualisation sont possibles et devraient être mise en œuvre par les régions.
Pour la CGT, l’AFPA est un Organisme Public qui doit permettre de répondre aux enjeux économiques cruciaux par la formation professionnelle qualifiante de qualité. Mais, cela nécessite des choix, des décisions et des engagements politiques de long terme qui dépassent très largement les décisions économiques de court terme prise par ses dirigeants.
La CGT refuse toute décision de la direction consistant à licencier des salariés et à liquider des centres de formation.
Elle appelle les salariés et les usagers à se mobiliser partout pour la défense des centres AFPA et l’accès à une formation qualifiante de toutes et tous.
Montreuil, le 17 octobre 2018

Lutter contre le réchauffement climatique implique une rupture avec le système capitaliste

Le Groupe d’Experts Intergouvernemental sur l’Évolution du Climat (GIEC) a publié son nouveau rapport sur les conséquences irréversibles pour l’humanité et la biodiversité du réchauffement climatique s’il n’était pas contenu en deçà de 1,5°C.
Pour tenir cet objectif, les trajectoires d’émissions devront baisser de 45% en 2030 et atteindre la neutralité carbone autour de 2050.
Les scénarios envisagés ne sont pas simples. Les quatre examinés font varier les hypothèses de demande énergétique, d’efficacité énergétique, d’utilisation de techniques comme le captage et stockage de Co2...
Ce qui conduirait à de fortes transformations par secteurs :
• concernant l’énergie, tous les scénarios impliquent une forte baisse du charbon (de -73 à -97% d’ici 2050 dans la part de production d’énergie primaire), de pétrole (de -32 à -87%). Pour le gaz, seul un scénario prévoit une hausse, les autres tablant sur une forte baisse (de -48 à -74%). Le nucléaire dans la production d’énergie primaire passe de +98 à 468%.
• concernant l’électricité, la part des énergies renouvelables varie de 63 à 81% en fonction des scénarios.
• Industrie : les émissions de CO2 devraient être réduites de 75 à 90% en 2050.
• Villes et Infrastructures : un changement des pratiques dans l’aménagement des territoires ; pour les bâtiments, la part d’électricité dans la demande devrait diminuer de 55 à 75% en 2050 ; pour les transports, la part de l’énergie finale basses émissions devrait passer de 5% en 2020 à 35 à 65% en 2050.
• Utilisation des Terres : convertir des terres dédiées au pâturage et aux cultures vivrières vers des cultures énergétiques ainsi qu’augmenter la surface des forêts de 10 millions de km2 d’ici à 2050.
Or, le 9 octobre, le Conseil Environnement de l’UE des 28 États a échoué à relever l’ambition climat de l’Europe (réduire de 45% et non plus de 40% les émissions de gaz à effet de serre à horizon 2030).
Il s’agit d’un mauvais signal lancé par les décideurs politiques pour celles et ceux qui attendent des actions concrètes pour contenir le réchauffement climatique. Par contre, cet échec du Conseil Environnement répond pleinement aux attentes de Pierre Gattaz, nouvellement à la tête de Business Europe (le Medef européen), qui s’est opposé à relever l’ambition climat de l’Europe, argumentant que la compétitivité des entreprises allait être pénalisée (cette fameuse compétitivité des entreprises qui ne sert qu’à engranger des dividendes !). Et là est finalement le problème !
Comment envisager une modification profonde de notre société qui réduirait son empreinte carbone, ses émissions de gaz à effet de serre, protégerait la biodiversité, lorsqu’il n’est jamais évoqué de rompre avec le type de développement qui a généré ces conséquences ?
Tant que le profit primera sur la réponse aux besoins, que les intérêts privés primeront sur l’intérêt commun des populations, le libre-échange et la concurrence sur la coopération internationale, tant que les décideurs politiques seront à la solde du grand capital, ne nous racontons pas d’histoires verdissantes !
Le rapport du GIEC conforte les analyses de la CGT sur la nécessité de prendre sans délai les mesures qui permettront de rendre la planète vivable pour tous.
Concernant notre pays, cela signifie mettre en place un autre mode de développement avec une réindustrialisation pour rapprocher la production des besoins, favoriser une économie plus circulaire avec une véritable valorisation de la matière.
Une meilleure efficacité énergétique, cela concerne l’isolation des bâtiments en tenant les objectifs et la qualité mais, aussi, la question des transports, alors qu’aujourd’hui les émissions de GES de la France sont reparties à la hausse. Cela conforte la bataille des cheminots autour du fret ferroviaire, du développement des lignes ferroviaires et des transports collectifs du quotidien.
Sur la production d’énergie, le rapport du GIEC confirme, dans tous ses scénarios, la nécessité d’utiliser l’énergie nucléaire avec les énergies renouvelables pour passer le cap. La France qui possède des compétences en la matière a donc une responsabilité particulière. D’ailleurs, les énergéticiens mènent bataille pour donner un avenir à une filière nucléaire de haut niveau.
Dans tous ces domaines, la recherche et les investissements sont la pierre angulaire de bien des problèmes, alors que notre pays est à la traîne en la matière.
Plus que jamais, les enjeux climatiques impliquent des décisions énergiques et démocratiques de notre pays et donc encore plus de maîtrise publique et d’appropriation sociale. La transition juste et solidaire doit se traduire en actes, pas en paroles !
C’est le chemin inverse que trace le gouvernement, comme dernièrement dans la loi Pacte.
Montreuil, le 11 octobre 2018

lundi 15 octobre 2018

MOBILISATION UNITAIRE DES RETRAITES JEUDI 18 OCTOBRE


MULTILATÉRALE HAUT-COMMISSARIAT AUX RETRAITES DU 10 OCTOBRE 2018 : Quand c’est flou… c’est qu’il y a un loup !

Le haut-commissaire aux retraites a réuni les organisations syndicales de salariés et d’employeurs le 10 octobre pour un bilan de la 1ère phase de concertation sur la réforme systémique des retraites.
Face aux risques que comporte une réforme aussi radicale, en particulier, pour les salariés les plus fragiles (carrières hachées, CDD, temps incomplet de nombreuses femmes salariées, etc.), le gouvernement allonge les délais et recule la présentation du projet de loi à juin 2019, après les échéances électorales.
Il a présenté un cadre qui reste très flou destiné avant tout à rassurer. La majorité des citoyens n’est, en effet, pas dupe des risques de baisse des pensions pour toutes et tous.
Les mécanismes de redistribution et de solidarité sont tous remis en cause, ce qui vise en premier lieu les salariés du secteur privé. Il y a tout lieu de craindre que les nouveaux mécanismes de solidarité que le haut-commissariat envisage de reconstruire soient plus restreints, plus ciblés, plus individualisés, avec des économies réalisées sur le dos des plus fragilisés.
Cette perspective de régime unique conduirait à la disparition des régimes des fonctionnaires et des régimes spéciaux et, en conséquence, à la remise en cause des statuts d’agents publics et de fonctionnaires. De même, les retraites complémentaires disparaîtraient.
Aucune perspective de gouvernance démocratique du système de retraite n’a été évoquée par le haut-commissariat.
En affichant le maintien du niveau de cotisation (28 %) et de l’âge d’ouverture du droit à retraite (62 ans), le gouvernement veut faire croire que le nouveau système maintiendra le niveau de pension et l’âge de départ, avec un supplément de transparence.
Il n’en est rien.
Si par exemple on applique les règles de la retraite complémentaire actuelle en points (Arrco-Agirc) à la totalité du salaire, une pension de 1600 euros passerait à 1000 euros. Le gouvernement doit sortir du flou.
Le système en point ne permet d’évaluer la pension qu’à la veille de la retraite. Il prend en compte la totalité de la carrière et pas les meilleures années (privé) ou la fin de carrière (public). La solidarité ne consistera qu’en points supplémentaires dont rien ne garantit qu’ils seront au niveau du salaire antérieur (maladie chômage, maternité, etc.).
Pour la CGT, les priorités sont : quel montant de pension et à quel âge ? Points sur lesquels le projet ne dit rien et n’apporte aucune garantie.
La CGT réaffirme son opposition à ce projet et portera des propositions pour améliorer les droits de toutes et tous.
Montreuil, le 10 octobre 2018

LA MOBILISATION DEMEURE : C’est la politique qu’il faut changer !

Ce 9 octobre a été une belle preuve que les salariés, jeunes, demandeurs d’emplois et retraités ne veulent pas de cette politique creusant les inégalités, prenant aux pauvres pour donner aux riches.
Près de 300 000 manifestants ont battu le pavé. Au-delà de ce chiffre, de nombreuses actions ont été recensées sur le territoire sous formes diverses : grèves et débrayages, pique-niques revendicatifs, distributions de tracts, tenues d’assemblée générale, blocage de zones d’activité, etc.
Ces mobilisations ont permis d’inscrire dans un mouvement national, l’expression de revendications locales ou spécifiques de certaines professions.
Toutes et tous se sont retrouvés pour exiger l’augmentation des salaires, des pensions et des minimas sociaux ; l’égalité professionnelle entre les femmes et les hommes et l’arrêt de la casse des services publics.
Au cœur des préoccupations également : la sécurité sociale, la santé, la retraite, l’éducation et la formation… Sur tous ces sujets, d’autres choix sont possibles et la CGT est porteuse de propositions pour conquérir de nouveaux droits.
La dynamique unitaire qui s’est construite doit se renforcer et la CGT y contribuera.
L’objectif de cette journée est de démontrer que la contestation sociale est toujours présente et que des alternatives sociales sont possibles. Le gouvernement et le Medef doivent entendre et répondre à ces attentes qui s’expriment dans tous les secteurs pour le progrès social.
C’est la défense et le développement de notre modèle social qui sont en jeu. La solidarité doit en être le socle et non l’épaisseur du portefeuille.
Montreuil, le 9 octobre 2018